BIBLIOTEQUE DES MANUSCRITS
Dire d'une bibliothèque qu'elle est « mémoire »
est un pléonasme, le livre étant « mémoire »
par excellence. L'homme, « turlupiné » par
l'idée de la mort, a de tout temps essayé de
marquer son passage sur terre, façon de «
s'immortaliser », par diverses créations
laissées à la postérité. Les gravures rupestres
et autres peintures dans les grottes, les
monuments funéraires de la préhistoire ont
marqué la naissance de l'art et partant de la
culture. Lorsque l'homme a découvert
l'écriture, il est passé à un stade supérieur de
son existence : l'écrit a, dès lors, primé le
symbolique. Il est devenu alors possible de
cumuler le savoir humain de façon illimitée de
génération en génération. Les grandes
civilisations sont nées. A partir de l'écrit.
TAHIRI Mbarek a réalisé un inestimable travail
de fourni. De la maison de ses ancêtres il a fait
non pas une bibliothèque originale, mais une
bibliothèque qui se veut la mémoire d'un ksar,
d'une société, d'une certaine culture, d'un
groupe humain, d'une ville : Kénadsa. Une
sorte de musée du vieux manuscrit local et
d'un ensemble de reliques inhérentes à un
monde disparu ou en voie de l'être. Il s'agit
aussi « d'un centre de traductions et de
recherches », où se côtoient le moderne et
l'ancien, où le micro-ordinateur coudoie la
traditionnelle planche coranique...