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  La vie pieuse de Sidi Mhammed :


         
 sa conduite privée, sa conduire avec les aspirants-profès, ses épouses, sa mort. Visions de ses disciples.
       
   Toute la conduite privée de Sidi Mhammed présentait l'image de l’humilité et de la vertu. Nous avons déjà dit 
comment il aidait ses gens dans les travaux de la maison, surtout quand il fallait servir les .zouars (khouan en visite 
de ziara). C’était aussi un homme de beaucoup d’ordre quand il trouvait un ustensile abandonné quelque part, il le 
rapportait dans la maison d’habitation de la zaouia . Ses qualités morales, ses vertus mystiques reproduisaient les 
qualités et les vertus du Prophète et des grands soufis, tels que Djoneid, Chadheli, etc., venus après Mohammed.
       Nous avons déjà mentionné que Sidi Mhammed s’appliquait a servir d’exemple vivant pour les autres 
Musulmans dans la pratique de la loi islamique de même faisait-il dans sa conduite mystique. Les livres dont il 
suivait les préceptes étaient ceux d’Ibn ‘Ata Allah, de Chadheli, d’El Marsi, d’Ibn Abbas, de Mohammed ben es—
Samak et de leurs imitateurs. C’étaient leurs exemples et les qualités vantées dans leurs ouvrages qu’i s’appliquait 
à faire suivre par ses disciples.
        Il n’avait pas de pratique spéciale a sa confrérie en dehors de celles recommandables par les docteurs du 
Soufisme.sa manière d’endoctriner les aspirants-profès (mourid) consistait a leur faire répéter un nombre 
considérable de lois la formule ~< La ilaha illa Allah! > ~< Il n’y a d’autre dieu que Dieu! >~ — ou bien encore la 
prière dite Istigh far ou la prière sur le Prophète. A celui qui lui demandait l’affiliation a la confrérie ziania, il disait : ~< 
Que Dieu purifie nos coeurs ! Lis-tu le Coran ? Le sais-tu par Coeur? >> Dans l’affirmative, le postulant était affilié 
comme Sidi M hammed avait coutume de le faire avec les gens du Coran. Le Cheikh invoquait Dieu sur le 
postulant, lui faisait ses recommandations, sur¬tout sur le qiam el liyl ou action de passer une partie de la nuit en 
prière. Si le postulant ne savait pas le Coran, le Cheikh se bornait. A lui transmettre l’ouird des Soufis de sa chaîne 
mystique, ou selsela. 
         D’après l’ouvrage intitulé: (Adjouibat Naciria), des tolba de Tlemcen écrivirent. Un jour a Sidi Mhammed pour 
entrer dans sa confrérie. Ils lui demandèrent quel genre de chapelet, de vêtement (des soufis)   ils devaient adopter. 
Le Cheikh leur répondit : ~< Nous n’avons pas de tradition spéciale sur le chapelet. la kherqa, etc... Notre confrérie 
(notre tariqa, c’est EDIKR tel que l’a indiqué le Cheikh Senoussi a la fin du commentaire de son ~Aqidat es¬Soghra   
Si vous désirez entrer dans notre selsela (chalne mystique), assurez d'abord votre retour a la voie de Dieu avec 
ses conditions essentielles; ayez soin de vous livrer a Lui, de le craindre dans tous les actes de votre vie. 
Préparez-vous ainsi pour le jour de la descente au tombeau. >~ Sidi Mhammed ajoutait. Sa lettre l’indication du dikr 
et de la selsela  d’aprés les Soufis antérieurs.
        C’était donc la pratique du Soufisme usuel, la multiplication des prières, l'observation des rites de l’Islam, 
surtout pour les funérailles, qui formait le fond de la doctrine du Cheikh. Il recommandait à tous ses frères en Dieu 
la con— naissance des sciences religieuses. ~< Soyez, leur disait-il, du groupe des savants ou du groupe de ceux 
qui instruisent ne soyer point. Du troisième groupe. ~ Ce dernier groupe, dans son esprit, était celui des ignorants. 
~< Fréquentez, disait-il encore, fréquentez les savants. Ils font fructifier les âmes comme la pluie du ciel fait 
fructifier les plantes.
        L’intérieur familial de Sidi Mhammed correspondait à ses hautes vertus. Sa première femme, la dame Oum 
Kolthoum, celle qui fut La mère de ses fis, sidi Mohammed Laredj, sidi Abdelouahab, sidi Ahmed était pieuse, douce 
de caractère, droite dans sa conduite. Elle observait avec soin la souna. Elle était obéissante à son mari, vigilante à 
faire exécuter les ordres de celui-ci. Elle était pleine de charité pour les veuves et pour les orphelins, donnait 
généreusement aux religieux et aux pauvres une partie des biens dont Dieu l’avait gratifiée. Lorsque le Cheikh est 
partit en pèlerinage, elle le remplaça auprès des frères et des autres personnes, multipliant, pour tous, ses 
bienfaits. On ne s’aperçut pas du départ du fondateur de la zaouia. 
        Elle avait une coutume spéciale: toutes les fois que le Cheikh avait terminé la prière du vendredi, elle secouait 
la poussière des livres de la zaouia, les parfumait d’encens, les replaçait et mettait sur leur reliure un peu de 
poussière de chaux.
        Lorsque cette sainte femme fut morte, un des frères, qui ignorait sa maladie la vit en songe monter au ciel. Elle 
y fut reçue par Abou Bekr et les femmes du Prophète.Le Cheikh Sidi Mhammed Vécut. De nombreuses années 
après elle. On lui conseilla souvent de se remarier; chaque fois il refusait d’écouter de pareils avis. Cependant une 
maladie nécessitant des soins intimes l'ob1igea a cherché une épouse. II songea d’abord, dans ce but, à se 
procurer une esclave noire a Sidjilmasa. Mais son ami, le saint Sidi Ahmed ci Habib, lui écrivit pour lui démontrer 
que se contenter d’une affranchie était au-dessous de la condition de Sidi Mhammed; il l’engagea a prendre, malgré 
la répugnance éprouvée, une femme libre et d’une certaine origine. Le Cheikh se laissa convaincre. Peu de temps 
après, un fils de Sidi Abd-el-Djebbar de Figuig proposa au Cheikh .sa soeur en mariage. Sidi Mhammed chargea 
alors son propre fils Hadj Mohammed Laredj d’aller a Figuig conclure l’affaire.  Et lui recommanda de bien se 
renseigner sur la femme et de voir si elle lui convenait réellement. Sidi Mohammed Laredj. Fut bien reçu par le 
faquir fils d’Abd-e1-Djebbar, mais il apprit que la femme en question était une divorcée qui avait déjà abandonné 
trois époux successifs ; il n’en voulut pas et amena a son père une autre .femme de La même famille  il eut avec 
elle son fils Sid Houcein.
        Sidi Mhammed ben BouZiane finit par arriver au terme de sa vie exemplaire. Proche de ses derniers instants, il 
demanda a ceux qu'il l’entouraient de vouloir bien partir, de le laisser seul en La présence de son Divin Maître avec 
lequel il avait des conversations confidentielles. Les gens de son entourage lui demandèrent si Fun des frères 
(khouan) pourrait entrer et venir vers lui. II leur répondit ~<Je n’ai plus rien de commun avec le monde. Obéissez à 
mon fils Mohammed LAREDJ, mon vicaire et l’héritier du sirr après moi. Les saints personnages sont tous d’avis 
qu’il doit me succéder dans La direction de la zaouïa. II vous fera bénéficier, — et vous verrez combien ! — des 
grâces divines par son intermédiaire. >~ Pendant son agonies lorsqu’il faisait .appeler un frère (khouan) auprès de 
lui, il lui disait : < Je vous ai (tous) recommandés a Dieu; notre amitié se continuera dans le ciel ou nous nous 
retrouverons un jour >~
        Sidi Mhammed mourut le jeudi  10 Ramdan, au moment de l'acer. II fut enseveli après la prière du Maghreb La 
nuit du lendemain vendredi. C’était en l’an I145. (Mars 1733.).
        Le haut degré de sainteté du Cheikh a été certifié par la vision qu’a eues un certain nombre de saints 
personnages. Un jour, le frère en Dieu (khouan) Sidi Ali ben Aderrahman Bou Asami vit un grand groupe de saints 
portant chacun un écriteau sur lequel se trouvait un passage du Coran. Mais il ne put en lire que deux: celui de Sidi 
Ahmed ben Nacer et celui de Sidi Mhammed. Sur le premier il y avait Nous lui  avons donné le pouvoir et la science, 
et sur le second : Nous l'avons place dans l’intérieur de notre miséricorde, car il est un saint.
        Sidi Mharnmed ben Mohammed ech-Chara y Tlemçani, dans la nuit d’Achoura, vit en songe le Prophète. Il eut 
d’abord l'idée de lui demander quelque bien terrestre, car il était pauvre. Mais il n’osa point et se contenta de 
l’interroger pour savoir quel était le plus grand saint de l’époque. Il i’interrogea d’abord sur Sidi Mohammed el 
Ayache. Le Prophète répondit : ~< II est (puissant) comme un sultan en ce monde et dans l’autre; il est comme 
l’arche de Noé, quiconque y entre est sauvé. >~ Questionné sur Sidi Mhammed ben BouZiane, l’Envoyé de Dieu 
répondit : ~< II est le maître de l’époque et l’un des sept pôles. Par son intercession Dieu a préservé du feu de 
l’enfer une foule de gens. > A propos de Sidi Ahmed el Habib, il ajouta : << El Habib est notre Habib (ami intime) 
dans ce monde et dans l’autre. ~ Or ces trois saints, Mohammed el Aya chi, Sidi Mhammed ben BouZiane et 
Ahmed el Habib étaient, de leur vivant, en relations amicales continuelies .
    Un autre personnage fort pieux, le faquir (religieux), le frère en Dieu des gens de la zaouïa (khouan), vit de 
nombreuses fois le Prophète en songe. Toujours Sidi Mharnmed se tenait auprès du Prophète ou devant lui comme 
son serviteur.
        Les historiens musulmans racontent que la Zaouia de Kenadsa exerce une hospitalité réputée de même 
d'ailleurs que toutes les autre Zaouia des Ziania. Riches et pauvres y trouvent la maison hospitalière ainsi qu'aide et 
protect
                         
                    Sidi Mhammed était souverainement puissant contre les pillards. Un groupe d’Oulad Delim (tribu du 
sahel de Mauritanie) vint un jour pour piller la zaouïa. Ils étaient nombreux et montés sur des mehara; ils avançaient 
avec circonspection pour ne pas être reconnus. Mais une personne du pays donna l’alarme à la zaouïa. Le fils du 
Cheikh, Mohammed Laredj, alla à leur rencontre, essaya de les détourner de leur projet. Mais il fut chassé, tomba 
de cheval, et se fit aux pieds une blessure d’ou le sang coulait abondamment. 1l revint vers le Cheikh, qui se mit en 
prière. La prière n’était pas finie qu’un ruisseau débordant envahit le ravin dans lequel les pillards s’étaient mis en 
embuscade, et les immobilisa. Pendant ce temps un groupe de nomades Ghenanema  les atteignit, les battit, 
enleva leurs montures. Les Oulad Delim furent tués jusqu’au dernie Une autre fois, un homme conduisait un 
troupeau pendant la nuit. Des brigands vinrent pour le voler. En chas¬sant les brigands, un des esclaves de la 
zaouïa fut atteint d'un coup de feu a l’œil i1 la perdait ; le sang coulait en abondance. 11 alla trouver le Cheikh, qui le 
guérit aussitôt avec l’eau de Zamzam.
Des gens venus en ziara auprès du Cheikh furent, en route, menaces d’être voles. Le saint, se changea en lion, les 
protégea. 11 se fit connaitre des voleurs, qui se convertirent et allèrent à leur tour en ziara auprès de lui.
        Les Oulad Bâligh (tribu de la Mauritanie) avaient enlevé une caravane à la zaouÏa. Les gardiens se mirent à 
invoquer le Cheikh. Un des brigands contrefit alors ceux qui invoquaient le Cheikh et tourna le saint en ridicule il 
tomba foudroyé. Les autres brigands effrayés s’enfuirent, et la caravane put revenir a la zaouïa .L’intervention de 
Sidi Mhammed pour retrouver le bétail égaré ou perdu n’était pas moins puissante : une simple in¬vocation a ce 
saint suffisait. Un jour une chamelle prit Ie mors aux dents et se sauva. Son propriétaire invoqua le saint ; die se 
trouva subitement en travée et on nuit ainsi la reprendre.
        Sidi Mhamrned protégeait tous ceux qui se rendaient en ziara au tombeau des saints où a sa zaouïa. Un jour, il 
allait. En ziara au tombeau de Son maître Sidi Mbarek avec un groupe de Zouar. Arrivé prés de l’oued Guir, nos 
gens trouvèrent La rivière gonflée. Ils n’avaient ni vivres ni provisions suffisantes pour attendre La décrue. Ils 
s’interrogeaient déjà avec anxiété, puisque le Cheikh leur dit<< Mangez ce que vous avez. >~ Puis il se lava les 
mains dans I’Oued ; les eaux se séparèrent aussitôt et laissèrent passer les pèlerins a pied sec.
Un habitant des environ de Tlemcen venait. Au ziara chez Sidi Mhammed  Est garé en route, mourant t de soif, il 
invoqua le Cheikh, qu i1 lui apparut Sous sa forme humaine et lui donna une outre d’eau. La même aventure arriva à 
un voyageur avec deux enfants dans l’oued Talazaza (oued près de Ain Cheir) Ils mouraient de faim et de soif  
puisque le saint, invoqué, leur apparut et leur donna une outre d’eau et des dattes.
Au temps du Roi Mouley Small, le pacha Othman, gouverneur de Taza, était méchant. Sans pitié pour le peuple. Il fit 
arrêter, un jour, un disciple du Cheikh, jeune homme qui avait commis une légère faute. Ce pacha faisait précipiter 
les gens du haut de l‘escarpement d’un profond préci¬pice et personne n’en échappait vivant. Le disciple de Sidi 
Mhammed invoqua Dieu le Prophète et le Cheikh. On le précipita ; il tomba sur ses deux pieds, louant Dieu et le 
Cheikh a haute voix. Le pacha le fit relâcher.
Un faquir d’Almis (prés de Malouya), qui était allé commercer au Soudan, fut jeté en prison chez les nègres. Un jour 
il s’endormit en invoquant le Cheikh. Pendant son sommeil les chaînes tombèrent et il fut délivré.
Le Cheikh délivrait les Musulmans pris pendant la guerre sainte, faits prisonniers par les chrétiens et favori¬sait leur 
évasion. D’autrefois il apparaissait aux maîtres des prisonniers et imposait leur délivrance. Des gens de Figuig, dont 
le kadi Mohammed Bou Anane, le faquir Mohammed ben Abou Beki, des gens d’EI-Maiz et de Zénaga a un jour 
raconté qu’un homme était captif chez les chrétiens. II pensa tout à coup à Sidi Mhammed, l’invoqua à très haute 
voix et souvent. Ce captif ce trouvait chez le chef des chré¬tiens. Celui—ci avait une fille, qu’i1 chérissait beaucoup. 
Le Cheikh apparut en songe a cette fille, la tourmenta et lui dit : ~< Je ne te laisserai point tant que tu n’auras pas 
fait relâcher le captif par ton père. Sache que je suis Mhammed ben Bou ziane. >~ Cela se renouvela pendant 
plusieurs nuits, et elle finit par raconter a son Père ce qui lui arrivait. Le père, la voyant dépérir, eut des craintes pour 
la santé de sa fille et délivra le captif. La fille apprit de celui-ci le pou¬voir du saint ; fort émerveillée, elle se convertit 
à l’Islam.
Un pauvre faquir de Kenadsa demande un jour au cheikh de lui faire le pèlerinage le cheikh promit le fakir partit 
arriva a Tripoli s’embarqua pour l’Égypte et de la essaya de gagner le Hidjaz a pied en se confiant a Dieu mais ses 
provisions de route furent vite épuisées notre pèlerin, arrivé a Dar el Hamra, fut tourmente par la soif et faillit mourir. 
11 n’avait, pour tout bien, qu’un exemplaire des Dalil el Khairat; il l’offrit à un Turc en échange de quelques gouttes 
d’eau, mais le Turc ne daigna pas répondre. Alors Sidi Mhammed, portant une outre d’eau fraîche a la main, apparut 
au pauvre faquir, qui ne le reconnut point. Il donna l'eau à ce dernier, qui se désaltéra et offrit en paiement son livre. 
Le saint le lui rendit et fut alors reconnu. Le faquir se mit à pleurer de joie et tomba a demi évanoui. Lorsqu’il Revint 
a lui, il se trouvait a la Mecque, 11 chercha le saint autour de lui, ne le revit plus, tendis que beaucoup de gens 
l’entouraient. Ceux-ci interrogèrent ; il leur raconta son histoire, alors on lui donna de la nourriture et quelques 
vêtements dont il avait besoin. Lorsque la caravane du Maghreb arriva a la Mecque, elle trouva le faquir sain et sauf. 
Le récit merveilleux de ce dernier augmenta l’étonnement général. II accomplit ensuite les formalités du pèlerinage 
avec les gens de la caravane